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VSME : l'acte délégué du 3 juillet 2026, ce qui change

Le 3 juillet 2026, la Commission européenne a adopté les actes délégués qui donnent enfin un statut officiel au VSME. Ce standard, jusque-là recommandé mais non contraignant, est appelé à devenir une « norme volontaire » (Voluntary Standard, VS) inscrite dans le cadre légal de la CSRD. Le texte est en cours d'examen par le Parlement européen et le Conseil ; il entrera en vigueur trois jours après sa publication au Journal officiel de l'Union européenne. Pour les PME belges, françaises et luxembourgeoises qui suivaient ce dossier depuis un an, voici ce qui change concrètement.

Une chronologie qui aboutit au 3 juillet 2026

Le passage du VSME au rang d'acte délégué n'est pas une décision isolée. Il conclut un processus entamé un an plus tôt :

  • 30 juillet 2025 : la Commission adopte une première Recommandation sur le reporting de durabilité volontaire pour les PME non cotées — le VSME tel qu'on le connaît.
  • 3 décembre 2025 : l'EFRAG remet son avis technique sur la simplification des ESRS, proposant une réduction de 61 % des points de données obligatoires.
  • 6 mai 2026 : la Commission ouvre une consultation publique d'un mois sur les projets d'actes délégués — ESRS révisées et norme volontaire.
  • 3 juillet 2026 : la Commission adopte formellement les deux actes délégués.
  • À suivre : le délai d'examen par le Parlement et le Conseil, de deux mois prolongeables de deux, court depuis cette adoption. La publication au Journal officiel interviendra ensuite.
Du VSME à l'acte délégué : la chronologie 2025-202630 juillet 2025Adoption de la Recommandation VSME par la Commission3 décembre 2025Avis technique de l'EFRAG : -61 % de points de données6 mai 2026Consultation publique sur les projets d'actes délégués3 juillet 2026Adoption des actes délégués ESRS révisées et norme volontaire
Étapes officielles menant à l'adoption des actes délégués ESRS révisées et norme volontaire (VS) le 3 juillet 2026.

Acte délégué, recommandation, directive : quelle différence ?

Une Recommandation, comme celle de juillet 2025, n'a aucune force contraignante : elle indique une orientation, sans obligation légale. Un acte délégué, en revanche, est un texte adopté par la Commission sur la base d'une habilitation prévue par une directive — ici la CSRD. Il complète le dispositif législatif et s'inscrit dans le droit de l'Union, même s'il reste, dans ce cas précis, une norme d'application volontaire pour les PME. C'est cette bascule juridique qu'a engagée l'adoption du 3 juillet 2026 ; elle sera acquise à la publication du texte au Journal officiel.

Ce que contient concrètement l'acte délégué

Deux textes sont adoptés en même temps. D'une part, des ESRS révisées qui réduisent de plus de 60 % les points de données obligatoires et de plus de 70 % le total des points de données, par rapport à la version initiale. D'autre part, la norme volontaire elle-même, qui reprend la structure du VSME décrite dans notre guide du standard VSME : un module Basique et un module Complet, pensés pour rester proportionnés à la taille d'une PME.

Cette norme volontaire ne s'impose à aucune PME. Mais elle deviendra la référence officielle à laquelle toute demande d'information ESG venant d'un client, d'une banque ou d'un donneur d'ordre soumis à la CSRD devra se limiter.

Le plafond de la chaîne de valeur, confirmé

Le plafond est posé par la directive Omnibus I, et celle-ci est déjà en vigueur : une entreprise soumise à la CSRD ne peut pas exiger d'un partenaire de sa chaîne de valeur comptant 1 000 salariés ou moins des informations allant au-delà de ce que prévoit la norme volontaire — et ce partenaire a le droit de refuser au-delà. Le règlement délégué du 3 juillet 2026 en fixe le contenu exact — la liste des informations couvertes — pour les exercices ouverts à partir du 1er janvier 2027. Nous avions détaillé ce mécanisme dans notre article sur le value chain cap : il reste la meilleure protection dont dispose une PME face à des questionnaires ESG disproportionnés.

Ce que cela change concrètement pour une PME

Trois conséquences pratiques se dégagent de cette adoption :

  1. Un cadre stable. Le VSME cesse d'être une simple recommandation susceptible d'évoluer au gré des discussions politiques : il reposera sur un règlement délégué, qui lui donnera une existence juridique claire dans le droit de l'Union. Jusqu'à l'entrée en vigueur de ce texte, c'est la Recommandation du 30 juillet 2025 qui continue de s'appliquer.

  2. Un langage commun pour les clients et les banques. Quand un client grand compte ou une banque demande des informations de durabilité, elle pourra s'appuyer sur un texte de référence unique — la norme volontaire — plutôt que sur des questionnaires maison. Nous en parlions dans notre article sur le questionnaire ESG bancaire.

  3. Une base pour anticiper. Même sans obligation légale, produire un rapport structuré selon la norme volontaire permet à une PME de répondre plus vite, avec des données déjà organisées, aux demandes qui continueront d'arriver de sa chaîne de valeur.

Et côté calendrier CSRD/Omnibus ?

Ces développements techniques s'inscrivent dans un mouvement plus large de simplification. Le relèvement des seuils d'application de la CSRD, déjà entériné par le Conseil, réduit fortement le nombre d'entreprises directement concernées. Nous avons détaillé ce que cela signifie pour les PME dans notre article Omnibus : ce qui reste après la sortie de la CSRD. La logique reste la même : moins d'obligations légales directes, mais une pression indirecte qui continue de venir des clients, des banques et des donneurs d'ordre.

Se préparer sans attendre une obligation

Rien n'oblige une PME à publier un rapport VSME. Mais disposer d'un socle de données structurées — consommation d'énergie, effectifs, politique sociale, gouvernance — devient un atout concret dès qu'un partenaire commercial ou financier pose des questions. DONIA IMPACT accompagne les PME de 50 à 999 salariés en Belgique, en France et au Luxembourg pour transformer ces données en rapport VSME exploitable.

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